Pour les députés libres, il est temps de quitter l’absurdie

Le parlement vaudois accentue encore la pression sur la Berne fédérale. Il a adopté mardi à une assez large majorité une nouvelle résolution, cette fois du député UDC Philippe Jobin soutenue par les Libres dont le président de groupe Jérôme Christen a fait un vibrant plaidoyer évoquant l’absurdité des mesures prises par le Conseil fédéral et dénoncé les peines privatives de liberté qui nous sont imposées qui relèvent la punition collective.

Le texte de M. Jobin demande  que le Conseil d’Etat présente une planification de la réouverture des cafés-restaurants, des commerces non-essentiels et des lieux culturels immédiatement après la levée des restrictions fédérales en la matière.

La résolution a été complétée par une proposition du député PLR Aurélien Clerc visant à ajouter à la liste des réouverture, les activités sportives.


Voici la déclaration du président des groupes des libres Jérôme Christen:

Cela a déjà été dit dans les médias. En matière d’accessibilité à l’acquisition de produits et de la notion de première nécessité, on nage en pleine absurdie, générée par cette fermeture.

On peut acheter un tournevis, mais pas un pantalon. Or sortir de chez soi sans tournevis, ce n’est pas un gros problème, mais sortir sans pantalon, c’est plus ennuyeux, pour ne citer qu’un exemple.

Ces absurdités, la presse en a identifié un certain nombre et 24 Heures a même lancé un appel à ses lecteurs pour les recenser. Le résultat est édifiant.

Je vais vous en exposer une. Hier, je me suis rendu compte que je n’étais plus en possession de mes chargeurs d’ordinateur et de téléphone, outils devenus totalement indispensables à mon activité professionnelle, notamment de député. Sans ordinateur, je suis considérablement handicapé, même si je résiste autant que faire se peut à la numérisation excessive en conservant un agenda papier.

Or donc je suis parti du principe que ces chargeurs étaient des biens de première nécessité… Que nenni non point ! Les magasins qui les fournissent ont du fermer et ne fonctionnent que par commande. On continue donc de marcher sur la tête.

Par chance, j’ai pu me faire prêter un chargeur ce matin par une collègue députée. Si tel n’avait pas pu être le cas j’avais une solution de rechange que j’ai amenée avec moi.

Il s’agit d’une machine à écrire. Ironie du sort, elle est de marque Corona. Seul souci, le ruban est plutôt sec. Mais je ne doute pas que le secrétariat général du Grand Conseil soit capable de me trouver un ruban neuf afin qu’elle soit opérationnelle.

Chers collègues, on a déjà dit beaucoup de choses mardi dernier au sujet de ces mesures absurdes. Nous avons entendu la droite dire des députés de gauche qu’ils n’étaient pas dans la vraie vie. Nous avons entendu la gauche culpabiliser la droite disant qu’elle faisait peu de cas de la vie des plus fragiles d’entre nous.

Le débat est vaste, mais il nous paraît nécessaire de modérer notre langage même si nous avons des point de vue divergents.

Ceci dit, nous devons admettre que notre relation à la mort à évolué telle sorte que nous ne l’acceptons plus. Tout doit être entrepris pour prolonger la vie, y compris, paradoxe, nous empêcher tout simplement de vivre !

Nous avons oublié que la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible. Ceci dit, les Libres pensent qu’on devrait devoir pouvoir avoir des débats, sans se mépriser.

Toute est une question d’équilibre et nous pensons, chez les Libres, que nous ne sommes pas dans une situation d’équilibre.

Nombreux sont ceux qui sont au bord du gouffre financièrement. La sinistrose a gagné plusieurs pans de notre société. Nous sommes en train de sacrifier une génération. Nous sommes dans une cocotte-minute, l’eau commence gentiment à frétiller et la pression s’accentue.

Les peines privatives de liberté qui nous sont imposées commencent à devenir insupportables. La punition collective est de moins en moins comprise et de moins en moins compréhensible d’ailleurs. Il est nécessaire de privilégier l’encadrement plutôt que les interdictions.

Comme le dit l’écrivain français André Comte Sponville. « Soyez prudents, respectez les gestes barrières mais ne nous laissons pas collectivement emporter par la peur, ne faisons pas en sorte que la peur de la mort l’emporte sur l’amour de la vie. »

Les Libres soutiendront la résolution Jobin pour que nous trouvions le bon équilibre et éviter de poursuivre des mesures qui finiront par être explosives et néfastes au but but visé.

 


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