Les députés libres pour une sortie de la dépendance numérique américaine

Le parlement vaudois ne veut pas de demi-mesures pour sortir de « la dépendance numérique américaine et reconstruire une informatique de confiance, locale et résiliente » selon les termes du postulat déposé par la députée Verte Sabine Glauser-Krug et le député popiste Vincent Keller. Les Libres ont défendu cette démarche par la voix de la députée bellerine Circé Barbezat Fuchs. Par 67 voix (EAG-POP, Verts, Vert’libéraux et UDC, Libres et la moitié du PS) contre 60 (PLR et l’autre moitié du PS) et 4 abstentions, le parlement a préféré mardi une prise en considération totale du texte plutôt que la version édulcorée ci-dessous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici l’intervention de la députée Circé Barbezat Fuchs

 

 

Le groupe des Libres a été favorable aux propos avancés dans ce postulat dès le départ et nous étions d’accord avec une prise en considération immédiate lors de son développement. Ainsi nous sommes toujours favorable aux propos et aux conclusions de ce postulat.

Certes les conclusions de ce postulat sont ambitieuses et demandent, comme cela a été souligné en commission, un projet exigeant, difficile, délicat mais non insurmontable sur du moyen et long terme.

A titre personnel, je suis archéologue, spécialisée en épistémologie de l’archéologie pour être précise, et donc je ne suis pas spécialiste ni de nuage informatique ni de code source ouvert et tout ce qui se rattache au monde informatique et pourtant, bien qu’il soit loin de mes domaines de prédilection, ce postulat me concerne et nous concerne tous car il parle de nos données personnelles qui relèvent de la sphère privée qui est, normalement, protégée sur sol suisse selon l’article 13 de notre Constitution fédérale.

Et c’est là que le bas blesse : nos données personnelles sont stockées presque exclusivement aux Etats-Unis. Or la législation américaine met plus l’accent sur la législation en matière de surveillance que sur celle de la protection des données des utilisateurs. Ainsi, les données d’un utilisateur suisse peuvent très bien être utilisées par l’administration américaine sans que ce même utilisateur soit d’accord. Et aucune base légale ne nous permet, nous Suisses, de contrer ceci puisque nos données sont expatriées outre-Atlantique, faute de système de stockage national et/ou cantonal.

Nos données sont analysées, décortiquées voire même disséquées, ce qui donne parfois l’impression à l’utilisateur d’être espionné notamment sur les célèbres réseaux sociaux : qui d’entre vous a déjà eu la drôle d’impression de parler d’un nouvel achat, comme une table de jardin, et n’avoir que des publicités sur des meubles de jardin sur les réseaux sociaux par la suite ?

C’est de cela que parle ce postulat, de la grande problématique liée à la transmission de données personnelles d’utilisateurs à leur insu et ce que demandent les postulants est que le canton de Vaud fasse la promotion d’alternatives éthiques et respectueuses de la vie privée mais aussi qu’il fasse une étude sur les moyens nous permettant de stocker nos données sur sol suisse voire même vaudois, notamment à Saint-Triphon par exemple…

Ainsi, vous l’aurez sans doute compris, le groupe des Libres votera les conclusions de ce postulat comme proposées par les postulants et non de façon partielle comme proposé par la majorité de la commission et vous invite à en faire de même.

 


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