Le parlement vaudois vole au secours de la pêche et de la biodiversité lacustre

Photo: Fédération suisse de Pêche

Le parlement vaudois a décidé de voler au secours de l’économie de la pêche et de la biodiversité lacustre en acceptant un postulat en ce sens du député Libre Jérôme Christen. Son renvoi direct au Conseil d’Etat a été accepté par 113 oui et 5 abstentions. Les temps sont toujours plus durs pour les pêcheurs, le poisson se raréfie, les prises diminuent. Dans le Lac de Neuchâtel, on assiste à une baisse brutale des corégones. Le phénomène s’étend également au Lac Léman pour la perche et l’omble.

Dans son texte, Jérôme Christen explique que les causes sont multiples : réchauffement des eaux, manque d’oxygène, micropollutions, dragages qui détruisent les frayères et prolifération des cormorans.

Ces derniers sont de véritables gloutons. Pire, pour eux, il n’y a pas de mesure : ils se nourrissent également de petits poissons. Cela signifie que même en cas de diminution de leur population, il faudra plusieurs années avant de revoir plus de poissons adultes dans le lac. Il y a donc urgence à agir !

Ne devrait-on pas plutôt confier à l’Etat la responsabilité de régulariser la population de cormorans qui pourraient ainsi être abattus dans des conditions idéales pour la nature. Ne pourrait-on pas stériliser les œufs de cormorans comme cela se fait notamment en France ? En attendant les effets de ces mesures, ne devrait-on pas indemniser les pêcheurs, comme on indemnise les agriculteurs pour les dégâts commis par les sangliers ?

Le cormoran n’est toutefois pas le seul problème qui met en péril la biodiversité lacustre et donc l’économie de la pêche. La moule quagga, espèce invasive, prolifère dans les eaux du Léman de manière inquiétante. Selon la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman, elle représente une menace pour la biodiversité des lacs et pourrait entraver la production d’eau potable, la pêche, l’exploitation thermique et les loisirs nautiques.

Dernier problème, mais pas des moindres, les micropolluants et microplastiques dont la teneur est en progression constante. D’une part la quantité de résidus médicamenteux est préoccupante et d’autre part, selon l’association genevoise Oceaneye, le Lac Léman abriterait quelque 14 millions de microplastiques selon une étude publiée en 2020.

De plus, l’alevinage en ombles truites et féras est insignifiant pour soutenir l’économie de la pêche qui présente le précieux avantage de pouvoir nous nourrir en ressources locales.

Dans ce contexte, le présent postulat demande au Conseil d’Etat de déposer un rapport faisant état des mesures qu’il entend prendre pour résoudre le problème de la diminution de poisson dans les lacs de Neuchâtel, du Léman et de Joux, en particulier pour :

  • réduire la destruction des frayères
  • diminuer la population de cormorans
  • lutter contre la prolifération de la moule quagga
  • , prendre des mesures contre les micropullants/microplastiques,
  • renforcer les mesures en matière d’alevinage
  • de manière générale soutenir l’économie de la pêche.
  • venir en aide au pêcheurs en attendant que les mesures précitées dépollution obtiennent les effets escomptés.

Texte intégral sur ce lien.
https://www.vd.ch/toutes-les-autorites/grand-conseil/seances-du-grand-conseil/point-seance/id/12a1721a-51ce-4ce1-96db-2e8f113273cd/meeting/1003921/


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